Les races françaises traditionnelles de bovins de montagne sollicitées pour développer la production laitière en Afrique de l’Ouest

Depuis 2015, Ceva a reçu un financement de la  Bill and Melinda Gates Foundation pour former des vétérinaires et renforcer la production laitière et avicole, au Bangladesh et au Burkina Faso. Le projet en cours au Burkina Faso vise à améliorer la production de lait des femelles zébu locales, en les croisant avec une race laitière française adaptée. Pour ce faire, nos équipes se sont engagées à faire profiter les éleveurs locaux de l’expertise mondiale qu’elles ont acquises sur le terrain de la reproduction et de la gestion des élevages.

Au Burkina Faso, comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, la production laitière locale ne parvient à couvrir qu’une faible partie de la demande locale,
10 % environ. En conséquence, le lait frais est souvent difficile à trouver, son prix est élevé et le pays dépense 20 millions de dollars chaque année en importations de poudres de lait et autres produits laitiers.

Dans ces conditions, le croisement, par insémination artificielle, entre des vaches locales à faible rendement, mais adaptées à leur terrain, et des races laitières plus productives, pouvait constituer une alternative efficace pour améliorer la production des élevages locaux.

Si ces croisements n’auront pas d’impact direct sur la production laitière des vaches inséminées, ils bénéficieront en revanche aux veaux hybrides. En 2016, Ceva a décidé de mettre son expertise de la gestion de la reproduction des bovins au service des éleveurs du Burkina Faso, pour relancer la production laitière : l’objectif est de donner naissance à 1 200 femelles et 1 200 mâles croisés.

Le choix de la race des taureaux donneurs est essentiel. C’est pour cette raison que les deux races qui ont été retenues sont la Tarentaise et la Montbéliarde.
La Tarentaise est une race élevée à l’origine dans une vallée des Alpes françaises, tandis que la Montbéliarde trouve ses origines dans les vallées montagneuses de Franche-Comté, limitrophes de la Suisse. Bien que les deux races proviennent de régions très éloignées et très différentes de celles du Burkina Faso, elles ont toutes deux des caractéristiques qui les rendent adaptées à l’environnement local et à son système d’élevage.

L’équipe de Ceva s’est rendue au Burkina Faso fin 2016 pour établir les bases du projet « Vache du Faso ».
Pour mener à bien ce projet, il a fallu sensibiliser les éleveurs Fula et renforcer les capacités des techniciens locaux responsables de l’insémination artificielle. 

La première étape a mobilisé le savoir-faire de Ceva pour synchroniser les cycles de reproduction des vaches sélectionnées. Un premier lot de 400 vaches a été inséminé en novembre 2016, puis la moitié des vaches non gravides a été inséminée à nouveau en janvier 2017, ce qui a donné lieu à 210 gestations. Ce taux de réussite de plus de 50 % s’est montré beaucoup plus élevé que le taux habituellement atteint localement, qui se situe autour de 30 %. Neuf mois plus tard, en août 2017, 45 veaux et 3 paires de jumeaux ont vu le jour. La moitié d’entre eux, des femelles, ont rejoint le troupeau laitier, tandis que les mâles seront élevés pour leur viande.

239 vaches supplémentaires ont été inséminées entre mai et juillet, dans des élevages périurbains autour de Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso.
Un autre lot de 500 vaches a été inséminé pendant cinq jours, en septembre 2017, dans des conditions de terrain difficiles, une prouesse rendue possible, par l’esprit d’équipe qui a régné, la formation et l’expérience acquise l’année précédente. 

Une estimation prudente donne à penser que les vaches métissées produiront deux fois plus que les races locales. Dans un pays souffrant d’une pénurie chronique de lait frais, ce surcroît de lait permettra aux éleveurs d’accroître leurs revenus et de contribuer à la réduction du déficit en produits laitiers 

L’objectif de 1200 femelles hybrides est ambitieux. Mais le véritable défi est la conservation des avantages procurés par l’introduction de ces nouveaux gènes laitiers. Une réussite qui serait une première. Il est donc essentiel qu’une stratégie de sortie génétique très claire soit mise en place et que tout soit fait, au plan humain et technique, pour assurer le maintien d’une population de bovins en bonne santé, bénéficiant du patrimoine génétique du zébu local et de la race laitière exogène.

En 2015, Ceva a obtenu une subvention de la Bill & Melinda Gates Foundation afin de déployer trois projets de développement.
Ces derniers s’inscrivent dans la stratégie de la Fondation d’aider les éleveurs à augmenter la productivité de leurs élevages et contribuer à l’autonomie alimentaire des populations. Si Ceva a été retenu par la Fondation, c’est en raison de son expertise mondialement reconnue. 

Ces projets, étalés sur trois ans, visent à améliorer la santé et la productivité des élevages avicoles et laitiers, au Burkina Faso et au Bangladesh. Ceva est fier de bénéficier de la Bill & Melinda Gates Foundation, et cette confiance démontre que, témoigne que c’est en travaillant « ensemble, au-delà de la santé animale », que l’on parviendra à réduire le déficit alimentaire, à combattre les zoonoses et à renforcer les liens entre les hommes et les animaux. 

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