Le régime de Boucles d’Or : ni trop, ni trop peu, juste ce qu’il faut

Le principe de Boucles d’or – ni trop, ni trop peu, juste ce qu’il faut – s’applique dans les domaines de la science, de l’économie, de l’ingénierie, du commerce et bien d’autres encore.

Dans le conte de fées britannique classique, une jeune fille aux cheveux blonds, Boucle d’or, entre dans la maison d’une famille de trois ours, composée d’un père, d’une mère et de leur ourson, qui se sont absentés. Elle essaie tour à tour les bols de gruau, les chaises et les lits de chacun et, à chaque fois, c’est trop chaud ou trop froid, trop grand ou trop petit, mais le dernier est parfait. 

Ce principe, nommé Principe de Boucles d’Or – ni trop, ni trop peu, juste ce qu’il faut – a depuis été appliqué dans les domaines de la science, de l’économie, de l’ingénierie, du commerce et bien d’autres encore.

Avec une espérance de vie moyenne de 83 ans, les Japonais font partie des populations dont la longévité est la plus grande. On attribue souvent cela à leur régime alimentaire, que l’on croit principalement constitué de plats à base de poisson, comme le sushi et le sashimi.  Mais la réalité est en fait plus compliquée et, curieusement, l’ajout récent de viande à leur régime alimentaire pourrait être la clé de leur bonne santé et de leur espérance de vie allongée.

Pendant douze siècles, la consommation de viande au Japon était proscrite et le régime alimentaire d’un Japonais était souvent pauvre en nutriments, parfois composé uniquement d’un peu de riz, de céréales et de glands, très pauvres en protéines. 

C’était encore le cas au moment de la Seconde Guerre mondiale. Le Japon, qui dépendait fortement de la nourriture importée, a davantage souffert de la famine que la plupart des autres pays touchés par la guerre. 

Après la guerre, la prospérité du Japon a rapidement augmenté et un important changement s’est opéré : le pays a connu une importante vague d’urbanisation. L’aide alimentaire américaine de l’après-guerre a également introduit auprès de la nouvelle génération de nombreux nouveaux aliments à travers un programme de restauration scolaire, notamment la viande et les produits laitiers. Le modèle de restauration rapide occidentale a également gagné en popularité. En effet, le Japon compte aujourd’hui plus de restaurants McDonald’s que n’importe quel autre pays, à l’exception des États-Unis[1]. En conséquence, la consommation de viande au Japon a commencé à prendre de l’importance, passant d’une consommation quasi nulle en 1960 à 52 kg par personne en 2013, ce qui représente toujours moins de la moitié de la quantité consommée aux États-Unis. 

Liste des pays avec des restaurants McDonald’s – Source: Wikipédia

La courbe de l’espérance de vie a suivi celle de la consommation de viande. En 1970, l’espérance de vie dans les pays de l’OCDE ne dépassait pas la moyenne. Avec un taux de cancers et de maladies cardiaques relativement bas, le Japon enregistrait tout de même le plus grand nombre de décès des suites d’accidents vasculaires cérébraux. Entre 1970 et 1990, ce taux a chuté jusqu’à atteindre la moyenne des pays de l’OCDE, ce qui a eu pour effet d’élever rapidement le Japon dans le classement mondial de l’espérance de vie. Aujourd’hui, les Japonais font partie des personnes qui vivent le plus longtemps au monde. 

Dans un article récent, paru dans le journal The Economist[2], Tsugane Shoichiro, du Centre national du cancer de Tokyo, a proposé la théorie selon laquelle une certaine quantité de viande et de produits laitiers pourrait être nécessaire pour maintenir la solidité des vaisseaux sanguins (et prévenir les accidents vasculaires cérébraux), mais sans excès afin d’éviter les risques d’obstruction du système vasculaire.

Une importante étude publiée récemment au Royaume-Uni[3] semble corroborer cette idée : par rapport aux mangeurs de viande, les végétariens présentaient des taux d’AVC plus élevés.

Dans un récent bulletin d’information de l’Institut international de recherche sur le bétail (ILRI), Hank Fitzhugh, professeur adjoint et maître de conférences à l’Institut Borlaug pour l’agriculture internationale de l’université A&M du Texas et ancien directeur général de l’Institut international de recherche sur l’élevage, a résumé ce principe sous le nom de « régime de Boucles d’Or » : ni trop, ni trop peu, mais la juste quantité d’aliments d’origine animale pour une vie saine.


[1] List of countries with McDonald’s restaurants – Wikipedia

[2]Japanese people may have gained longevity by balancing their diets | The Economist

[3]Risks of ischaemic heart disease and stroke in meat eaters, fish eaters, and vegetarians over 18 years of follow-up: results from the prospective EPIC-Oxford study | The BMJ

Plus d'articles
Les lauréats des premiers Global Animal Welfare Awards dévoilés
  • Nous utilisons des cookies sur notre site web

    "Nous utilisons les cookies afin de fournir les services et fonctionnalités proposés sur notre site et afin d’améliorer l’expérience de nos utilisateurs. En cliquant sur ”J’accepte”, vous acceptez l’utilisation des cookies. Vous pourrez toujours les désactiver ultérieurement.